/mdt/ - Spinoza, Bourdieu, Lordon et les sciences sociales

Spinoza, Bourdieu, Lordon et les sciences sociales (37 Réponses)

1 .

Puisque j’y ai été très amicalement invité par http://www.acrimonie.com/mdt/res/45654.html#15, je vais faire ça tout de suite.

Quel est l’intérêt généralement de s’intéresser à ces trois auteurs particulièrement ?

De façon très directe, Lordon se propose de prendre au sérieux la philosophie de Spinoza et de voir si on peut en faire quelque chose d’intéressant pour les sciences sociales. En très résumé, Spinoza ne croit pas au libre-arbitre, propose une théorie mathématisée des affects humains (http://spinozaetnous.org/wiki/%C3%89thique_III) qui peut être anachroniquement et grossièrement comparée à une formalisation de ce que Pavlov a mis en évidence empiriquement peu après, c’est à dire une théorie d’association des images (les idées) et des perceptions de désir/joie/tristesse qui en découlent. Je raconte ça de façon schématique donc ça a sûrement l’air plus fantaisiste que ça ne l’est vraiment, l’idée c’est simplement que dans l’esprit humain, les représentations mentales et les perceptions des choses se retrouvent associées, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, à des affects et on est spontanément amenés à aimer ce qui nous procure de la joie et à détester ce qui nous en éloigne ou nous procure de la tristesse.
Évidemment la position déterministe provoque quasi-instantanément une levée de boucliers et un outrage moral et méthodologique qui à mon sens n’est pas vraiment justifié. J’ai un article de Lordon paru dans le bouquin Spinoza et les passions du social aux éditions Amsterdam (le premier article du bouquin en fait, disponible ici https://www.mediafire.com/file/gfbbl2bhytosah... si quelqu’un a un bon OCR pour le retranscrire en texte ça serait cool, sait-on jamais) qui décortique en détail l’argument, pour en résumer rapidement le propos, le déterminisme de Spinoza n’est pas un genre de fatalisme qui s’en tient à un conservatisme résigné, ça n’est pas un déterminisme qui viserait une fin en particulier, c’est bien plus aligné avec la conception qu’a mis en évidence Darwin d’une évolution finalement très aveugle et tâtonnante, dont le procédé nous est caché de par l’énormité des échelles de temps mises en œuvre. En philosophie on parle de téléologie et Spinoza rejette vivement cette idée.
Dans les sciences sociales, la synthèse Bourdieu-Spinoza permet de comprendre comment les subjectivités individuelles se construisent socialement, c’est à dire comment la famille, l’éducation, etc. forment des dispositions affectives, des polarisations dans les jugements de goûts esthétiques, qu’ils se rapportent à la musique ou à la nourriture. L’habitus est comme le pont entre l’histoire objective et le vécu subjectif des agents, c’est un dispositif qui structure la perception (un mec de droite friqué qui voit un SDF ou moi qui voit un SDF, on ne verra pas « la même chose », quand bien même le SDF est identique au point de vue atomique), ce que Spinoza avait déjà bien vu lorsqu’il insiste sur le fait que l’affect causé par le corps A sur le corps B dépend autant de la nature du corps A que de celui de B, et de conclure par une plaisanterie restée célèbre qui dit que la musique est bonne pour le mélancolique, mauvaise pour l’endeuillé et ni bonne ni mauvaise pour le sourd.
Ce qui est intéressant, c’est qu’on ne s’embourbe pas dans les oppositions binaires habituelles du type structure/agent, individu/collectivité, corps/esprit, contingence/nécessité etc. etc. et qu’on se rapporte de façon très directe à des débats centraux à l’historiographie de l’école des Annales, à la sociologie de Weber, Durkheim, à Marx (évidemment) etc.
On peut même tout à fait construire une philosophie de l’histoire spinoziste qui soit entièrement déterministe mais rejette la téléologie, on arrive à une sorte d’anti-hégélianisme très intéressant et c’est ce sur quoi je travaille personnellement.

2 .

Je vois pas pourquoi tu insistes à appeler ça « déterminisme » au contraire de toute autre approche. Ça n'a rien à voir avec les sciences sociales, surtout si on a une approche compatibiliste du débat sur le libre-arbitre https://plato.stanford.edu/entries/compatibilism/ Tenter de trouver des lois au fonctionnement de l'individu et de la société c'est pas spécifique à Spinoza, c'est juste un pré-supposé d'une approche scientifique. D'autre part, je ne vois pas ce que Spinoza apporte de particulier — et j'ai lu en plus de l'Éthique (d'ailleurs son approche à partir d'axiomes est très logicienne), La société des affects de Lordon, qui en gros consiste à reformuler un manuel de socio de L1 en un langage inutilement compliqué —, car l'existence du corps et son importance n'ont pas attendu Lordon pour exister en sociologie et en anthropologie (Les techniques du corps de Mauss, l'hexis chez Bourdieu). Enfin, et chose ironique, ce que tu dis ne me semble pas spécialement affecter les oppositions structure/agent, individu/collectivité, corps/esprit, contingence/nécessité (surtout cette dernière paire, wtf ? à moins de considérer ce monde-ci comme le seul possible, ce qui détruit le raisonnement contrefactuel et donc la possibilité même de science), alors que Spinoza propose justement avec sa notion de personne une solution intéressante au dualisme qui n'est ni matérialiste ni idéaliste, et qui a sans doute dû influencer William James dans la formulation de son monisme neutre. J'ajouterais, avec le souvenir de nos conversations passées, que ce que tu dis ne permet en rien de nier l'importance de comprendre le fonctionnement de l'individu, comme tu l'as fait à plusieurs reprises en traitant toute personne disant le contraire de logicien centriste (ptdr) ; le corps, et surtout le cerveau, reste un système complexe qui ne peut pas être ramené aux lois du conditionnement pavlovien. Maintenant j'attends avec impatience ta logorrhée d'insultes, en espérant que aies innové entre temps, car logicien centriste c'est rigolo mais ça va bien deux secondes.

3 .

Je vois pas pourquoi tu insistes à appeler ça « déterminisme » au contraire de toute autre approche. Tout simplement parce qu’il n’existe pas d’autre configuration possible que celle qui existe. Autrement dit, le comportement humain est causalement cohérent avec le reste. Si tu étais né à la place d’un autre, avec sa tronche, son nom, sa famille, son éducation, tu ferais la même chose à tout moment. C’est ça l’idée déterminisme, que le désir s’oriente spontanément vers quelque chose ou autre chose sans que la volonté de la personne n’y soit pour quelque chose. Que les comportements, goûts, opinions etc. ne soient pas enracinés dans une sorte de spontanéité absolue personnelle, c’est un tabou. En général on s’en sort en diluant le problème en réduisant une petite marge de manœuvre à la liberté humaine, mais c’est du pipeau, puisque ça serait un effet sans cause.
L’idée du déterminisme, c’est de refuser l’idée d’une volonté personnelle entièrement libre.

Ça n'a rien à voir avec les sciences sociales, surtout si on a une approche compatibiliste du débat sur le libre-arbitre https://plato.stanford.edu/entries/compatibilism/ Encore une fois, je ne vois pas l’intérêt d’introduire de libre-arbitre dans cette histoire, ça ne ferait qu’ajouter de la confusion puisque ça introduirait quelque chose qui échapperait à la causalité, ce qui n’apparaît pas dans le monde. Il n’y a pas de possibilité de faire autrement à l’instant t.

Tenter de trouver des lois au fonctionnement de l'individu et de la société c'est pas spécifique à Spinoza, c'est juste un pré-supposé d'une approche scientifique. Tant mieux.

D'autre part, je ne vois pas ce que Spinoza apporte de particulier — et j'ai lu en plus de l'Éthique (d'ailleurs son approche à partir d'axiomes est très logicienne), Je sais pas pourquoi tout le monde s’arrête à la forme géométrique au lieu de lire le contenu.

La société des affects de Lordon, qui en gros consiste à reformuler un manuel de socio de L1 en un langage inutilement compliqué —, lol
car l'existence du corps et son importance n'ont pas attendu Lordon pour exister en sociologie et en anthropologie (Les techniques du corps de Mauss, l'hexis chez Bourdieu). Personne ne dit qu’on a attendu Lordon pour savoir qu’on avait un corps. Bourdieu est dans le titre. Je peux pas lister tout le monde non plus, il n’empêche qu’on dévalue spontanément le corps pour noyer le poisson dans des catégories telles que « la conscience » ou « les opinions » (comme par exemple dans les sondages) alors que l’habitus c’est précisément la disposition corporelle-affective-socialisée qui n’est ni vraiment pur corps, ni vraiment pur esprit, et relève davantage de l’inconscient, de l’automatisme et de l’habitude.

Enfin, et chose ironique, ce que tu dis ne me semble pas spécialement affecter les oppositions structure/agent, individu/collectivité, corps/esprit, contingence/nécessité Parce que je fais un résumé rapide ici.

(surtout cette dernière paire, wtf ? Mais je vais quand même développer au moins celle-là

à moins de considérer ce monde-ci comme le seul possible, Ce qui est ce que je pense. Quant à ce que ce monde contient, c’est essentiellement contingent, même si tout à fait nécessaire. Je recommande à ce sujet la lecture du bouquin de Jacques Monod, Hasard et Nécessité qui explique dans le domaine de la biologie ce qui est ici généralisable à la physique ou au monde social. L’évolution se fait essentiellement « au pif ». Il y a une rationalité au long terme qui explique la structuration et l’apparition de systèmes organisés patati patata mais il n’y a en effet qu’un seul monde possible, c’est celui-ci. Le rayon UV qui causera telle mutation génétique ne « peut pas » aller ailleurs que là où il est à n’importe quel instant donné.

ce qui détruit le raisonnement contrefactuel et donc la possibilité même de science), Je ne vois absolument pas le rapport mais alors pas du tout, même après avoir retourné la phrase sous tous les angles et l’avoir montrée à des amis au moins autant scientifiques que moi. Peut-être que des acrimoines pourront expliquer parce que je ne vois aucunement le rapport avec l’idée de pouvoir montrer expérimentalement la fausseté d’une hypothèse. Aucun.

J'ajouterais, avec le souvenir de nos conversations passées, que ce que tu dis ne permet en rien de nier l'importance de comprendre le fonctionnement de l'individu, C’est dans l’éthique, chapitre III, tu comprends la constitution des dispositions individuelles à la façon de la théorie humienne de l’identité (bundle theory), tu as absolument tout ce qu’il faut dans la combinatoire des affects pour comprendre exactement ce qui se passe.

comme tu l'as fait à plusieurs reprises en traitant toute personne disant le contraire de logicien centriste (ptdr) ; le corps, et surtout le cerveau, reste un système complexe qui ne peut pas être ramené aux lois du conditionnement pavlovien. Heureusement que j’ai mis des pincettes argumentatives pour dire « très grossièrement ». Eh bien non, moi je ne pense pas. En tout cas, pas aussi directement 1:1 pour Pavlov, mais je suis d’avis qu’au niveau fondamental, ça marche exactement pareil.

4 .

>>3
Comme d'hab tu prouves que tu piges rien à rien. Juste quelques exemples :
ça ne ferait qu’ajouter de la confusion puisque ça introduirait quelque chose qui échapperait à la causalité La position compatibiliste est justement de ne pas faire ça. J'ai mis un lien, c'est pas pour décorer.

noyer le poisson dans des catégories telles que « la conscience » ou « les opinions » (comme par exemple dans les sondages) Ça noie aucun poisson sauf si tu ajoutes implicitement toi-même que ces catégories sont forcément non-corporelles. D'ailleurs tu sais comment Bourdieu a écrit La Distinction ? À partir d'une enquête par questionnaires.

Ta réponse sur les mondes possibles ignore totalement ce dont je parle, ça n'a rien à voir avec la théorie de l'évolution.

Oui, le bouquin de Lordon c'est niveau manuel d'intro à la socio pour L1 mais avec des formulations compliquées. Lordon a juste trouvé le filon Spinoza pour se distinguer dans le champ académique sans trop se fouler, comme tant d'autres l'ont fait avant lui et le feront après. Désolé si je ne révère pas ton messie.

Bref, mon avis sur toi n'a pas changé, t'es un crackpot ( https://skullsinthestars.com/2008/01/04/a-bri... ) de la socio

t. socio-kun en M2 socio qui retranscrit des entretiens et ne répondra plus

5 .

>>4
Je double-poste juste pour remarquer, OP, qu'au lieu de nous emmerder avec tes histoires, puisque tu convaincs personne ici, puisque t'es convaincu d'avoir raison, que ceux qui te disent le contraire sont de cons, et que tu fais des « recherches », pourquoi t'écrirais pas à Lordon lui-même et enverrais pas des articles à des revues avec revue par les pairs ? Après tout, tu tapes beaucoup de texte pour essayer d'obtenir de la reconnaissance auprès d'une poignée d'imbéciles anonymes, ce serait ptête mieux de le faire auprès de personnes sérieuses.

6 .

>>5
ferme ta gueule ptdr osef de toi http://www.acrimonie.com/mdt/res/45654.html#15, j'y ai été gentiment invité et si tu pouvais arrêter d'être aussi désagréable à défaut d'avoir un raisonnement correct, ça serait pas mal.

D'ailleurs tu sais comment Bourdieu a écrit La Distinction ? À partir d'une enquête par questionnaires. Eh bien non, manque de pot, il n'a pas utilisé que ça, il nuance à de multiples reprises l'utilité des sondages et il s'intéresse bien davantage et bien plus directement à la pratique réelle (la fréquentation des musées) et à des choses qui ne sont pas de l'opinion (voir si les personnes interrogées peuvent citer n compositeurs et lesquels etc.)

t. socio-kun en M2 socio qui retranscrit des entretiens et ne répondra plus Franchement, c'est avec un soulagement immense que je lis ces mots, bon débarras et bon week-end.

7 .

Il a fait son mea culpa dans les PdM mais en fait il a pas changé d'un millipouce.

8 .

En tant que débutant en philosophie et sociologie, j'ai trouvé cet échange entre Lordânon et Socio-kun intéressant même si je n'ai pas tout compris. Je suis déçu du déroulement en queue de poisson mais au moins j'espère avoir le temps de potasser les termes obscurs au cas où vous reprendriez la discussion.

9 .

Si Socio-kun prenait cette discussion au sérieux, il aurait fait l'effort de faire semblant de lire en diagonale l'article que j'ai linké. Il ne le fera pas et me renvoie à ses articles de la Stanford encyclopedia comme un L1 parce que c'est à peu près le niveau de maîtrise du débat qu'il a.

10 .

>>8
Ici Socio-kun, si tu veux tu peux commencer avec l'article de Mauss et Fauconnet « La sociologie, objet et méthode » : http://classiques.uqac.ca/classiques/mauss_ma... Alors je te préviens, il y a des chances que tu le trouves horriblement chiant ; en tout cas, c'était mon cas quand on me l'a fait lire en L1. Sauf qu'en fait, il faut bien comprendre que Mauss a au final beaucoup réfléchis aux problèmes de méthode (il est rarement présenté de cette façon), et que cet article s'inscrit dans son projet d'éclaircissement de la nature de la sociologie d'un point de vue plus pragmatique que l'approche philosophique de Durkheim dans les Règles de la méthode sociologique. Chaque mot est pesé. Sa définition d'institution sociale en particulier est très utile. Après, ses plans pour la discipline n'ont pas été très suivis, mais il reste un penseur subtil et fécond, quoique plutôt brouillon (ça doit être pour ça qu'il est sans cesse redécouvert par les générations successives de sociologues et anthropologues).

J'aime bien aussi cette reconstitution du débat Tarde/Durkheim http://www.bruno-latour.fr/fr/node/435.html pour appréhender certaines questions fondamentales de la discipline. Sinon niveau manuels l'Introduction à la Sociologie par Sept Grands Auteurs est pas mal du tout, j'en ai même trouvé un extrait assez long au hasard : https://www.decitre.fr/media/pdf/feuilletage/...

Sinon en philo j'ai beaucoup touché à l'épistémologie, et un peu à l'éthique et à la métaphysique. Pour l'épistémologie le Théétète est un dialogue platonique qui introduit à des questions essentielles http://www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/wp-cont...

11 .

Quand j'entends le mot sociologie, je sors mon revolver.

12 .

>>11
Encore un type qui va pleurnicher quand il va se faire traiter de fasciste.

13 .

>>8
Je plussoie. Comme d'hab, dommage pour les batailles d'égo et les brimades.

14 .

>>13
C'est vraiment fatigant l'espèce d'invective pénible tout de suite. Aucune possibilité d'avoir un débat serein, des espèces de conneries péremptoires sans nom "Lordon a juste trouvé le filon Spinoza pour se distinguer dans le champ académique sans trop se fouler, comme tant d'autres l'ont fait avant lui et le feront après. Désolé si je ne révère pas ton messie." juste lol.
En tout cas je vois qu'il n'est pas bon de marcher sur les plate-bandes symboliques de socio-kun.

15 .

>>14
l'espèce d'invective pénible tout de suite Le problème des débats passionnés, c'est qu'ici, on risque de dissuader l'autre de vouloir revenir. Malgré les demandes de rencontres DLVV sur un tatami, je suis quasiment sur que les anons s'entendraient plutôt bien.
Alors, même si la critique aigrie est un sport, essayons d'être drôles dans nos insultes.
Jaime Semprun Pour terminer Foucault, il faut remarquer que le lecteur doutera peut-être qu'il vaille la haine, et qu'il soit nécessaire d'écraser de son mépris ce qui, malgré tous ses efforts pour s'encanailler, restera toujours une ganache bien pensante. Je préciserai donc pour me justifier sur ce seul point que je n'ai jamais lu aucun livre de ce monsieur, non plus qu'en général ceux de ses collègues, mais qu'enfin feuilletant distraitement le dernier en date (Surveiller et punir), dans une librairie, et alors que l'ennui commençait à m'endormir, je suis tombé sur cette perle qui m'a réveillé. Il va de moi que je n'ai pas pour autant entrepris d'évaluer le reste du collier, conscient de l'inintérêt du public pour toute cette bimbeloterie. Et on ne peut donc me reprocher d'accorder trop de considération à cette nullité, car enfin, marcher par hasard sur un immondice en sortant de chez soi, ce n'est pas comme d'aller délibérément donner un coup de pied dedans.

16 .

Au lieu de spéculer lisez ce que j'ai mis en lien dans >>10 vous verrez rapidement la fumisterie totale d'OP...

17 .

>>16
Je parlais pas de >>10. En plus, t'es le seul que j'ai compris.

18 .

*PAN* *PAN*

19 .

De l'extérieur, la discussion entre les deux ânons est assez opaque, et on comprend mal pourquoi le deuxième ânon vient se battre avec tant de rage contre des moulins à vent.

20 .

>>19
Imagine si quelqu'un sans formation en maths se la ramenait sur un forum random en disant que la théorie inter-universelle Teichmüller de Mochizuki https://en.wikipedia.org/wiki/Inter-universal... était la Vérité™, que si tu l'admets pas t'es qu'un con, et qui est totalement ignorant des bases des mathématiques qu'on apprend à l'école comme ce qu'est une dérivée. Hé bien OP fait exactement la même chose mais avec la sociologie, sauf qu'en bonus le domaine a une faible légitimité, donc ça brouille totalement toute tentative de vulgarisation, à tel point qu'on pourrait très sérieusement se demander si le but d'OP n'est pas précisément de ridiculiser les sciences sociales sur acrimonie.

21 .

>>20
je ne répondrai plus 10 minutes plus tard l'histrion revient hé regardez-moi je connais des théories sophistiquées, prenez-moi au sérieux les mecs, je vous jure l'autre c'est un débile il connaît rien Tu peux juste pas t'empêcher, hein.

22 .

>>18
En général il n'y a qu'un seul "PAN" quand on se suicide.

23 .

>>20
J'ai des flashbacks de discussions sans fin avec des internautes persuadé·e·s d'avoir compris l'hypothèse de Rieman et d'avoir démontré qu'elle est fausse, avec comme source 3 pages manuscrites mises en ligne sur viXra.
D'ailleurs, c'est toi l'autre matheux·se qui traîne en ces lieux ? Je pense que tes blagues ne font rire que moi, mais elles me font bien rire.

24 .

Ici l'anon qui avait gentiment demandé à OP de faire ce texte : merci OP, je n'ai encore rien lu parce que j'étais trop occupé à chercher les oeufs de pâques que j'avais moi-même caché dans mon appart après une cuite monumentale.

Là je les mange.

Après je lirai tout ce fil, et peut-être que ça me motivera à enfin aborder Spinoza-chan, ce que je comptais faire depuis l'année dernière.

Encore merci, même s'il y a 9 chances sur 10 à ce que je ne comprenne rien, ou que j'interprete mal.

25 .

>>24
C'est pour toi que j'ai souffert vents et marées dcf j'espère que ça valait le coup 😔

26 .

à moins de considérer ce monde-ci comme le seul possible, ce qui détruit le raisonnement contrefactuel et donc la possibilité même de science
Toujours en train de réfléchir à ça pour être honnête.

27 .

>>5
Ici quelqu'un d'autre, j'apprécie sa contribution. Je ne comprends pas pourquoi vous vous énervez.

28 .

>>27
C'est parce que ton intellect n'est pas au niveau de socio-kun et que du coup tu ne peux pas comprendre en quoi c'est une insulte à l'intelligence humaine structurée par du pur-dunning-kruger enfin, c'est évident. Il a même linké une théorie compliqué en maths, si ça ne montre pas qu'on a affaire à un grocervo de premier ordre, je ne sais pas ce qu'il te faut.

29 .

>>27
Le problème c'est qu'il a l'air d'apprendre quelque chose mais en fait non, il s'agit d'idée simple cachées derrière des concepts non-compris. Ça donne une image horrible de la sociologie qui est déjà pas rutilante. Et en plus après ça veut dire que si on rediscute des problèmes d'épistémologie des sciences sociales ou de concepts comme l'habitus, il faudra d'abord défaire les idées fausses et les approximations amenées par une très mauvaise vulgarisation bourrée d'erreurs et d'approximations. Je pense que tu peux comprendre qu'à l'instar d'un étudiant en médecine qui s'agace contre les antivaxx, ou un physicien qui démonte les affirmations de guérison quantique, ce que fait OP ne m'amuse pas du tout.

Un crackpot peut évoquer des sujets intéressants, mais malheureusement il n'apportera pas grand chose, et ramènera tout à lui et à son génie incompris. Honnêtement, regarde mes liens en >>10 tu verras très vite la supercherie. Par exemple OP amène de façon tonitruante l'idée de déterminisme à coup de Spinoza & co, alors que l'argument a été posé très simplement il y a de ça un siècle et qu'on est passés à autre chose. Pareil pour la notion d'habitus, t'as une introduction au concept dans l'extrait du manuel, et une tonne de pages web sur le sujet, mais OP en fait tout un pataquès syntaxique pour rien, et sans jamais s'expliquer clairement. Bref, mieux vaut traîner sur http://classiques.uqac.ca/ ou sur openeditions.org que de lire ses fumisteries.

>>26
Ça provient de la philosophie analytique, et de la question de qu'est-ce qui vérifie les énoncés contrefactuels, c'est-à-dire portant sur quelque chose qui aurait pu arriver mais n'est pas arrivé. Par exemple, si tu avais arrêté de boire et de manger il y a une semaine, tu serais mort à l'heure qu'il est. L'énoncé est vrai, mais pourtant rien dans le monde ne le vérifie, alors que pour d'autres énoncés comme la loi de la gravité, il y a des évènements dans le monde qui la vérifie. Il faut donc soi mettre à mal l'idée qu'un énoncé est vrai si quelque chose dans le monde le vérifie, soit qu'il n'existe que le monde actuel, et que les mondes possibles existent. Le philosophe Lewis choisis l'existence des mondes possibles (ce qui pose une foule de nouveaux problèmes, comme ce qui distingue le monde actuel des mondes possibles). Il existe d'autres approches, comme le fictionalisme qui voit les mondes possibles comme des fictions utiles. Le problème de notre ami OP est que par manque total de rigueur intellectuelle il opère un syncrétisme des idées et en vient à rejeter toute idée de monde possible, ne sachant pas qu'il en existe plusieurs approches, et traite évidemment toute personne qui en parle d'imbécile, de « grocervo », de libéral, de logicien, ou de toute autre dénomination pour lui péjorative et qui sert à essayer de dominer la discussion sans rien apporter intellectuellement. Je mets un lien SEP pour plus d'informations, en déplaise à certains : https://plato.stanford.edu/entries/counterfactuals/

Les raisonnements contre-factuels sont importants en sciences pour la formulation de lois à partir de l'expérience. Les considérer en sciences sociales nous amène en fait à des problèmes profonds et difficiles sur l'explication. Il y a en effet un débat qui date d'avant l’institutionnalisation de la sociologie sur la possibilité même de formuler des lois, plusieurs positions existant. Pour certains comme Dilthey, il n'y a pas de lois possibles, seulement des explications au cas par cas qui se fondent sur la compréhension intuitive des comportements des personnes impliquées dans le fait historique. Pour d'autres comme Comte ou Marx, les sociétés obéissent à des lois très générales qu'il est possible de trouver. Durkheim était déjà un peu plus humble sur la possibilité de formuler des lois, et depuis l'ambition de la sociologie s'est considérablement restreinte. Les contributions en sociologie générale plus récentes comme celles de Bourdieu sont par exemple bien plus centrées sur la formulation de concepts jugées particulièrement utiles et de types de phénomènes, comme la reproduction et la distinction, plutôt que des lois valant sur de grandes durées et un grand nombre de ou toute société.

Cependant, dans les faits et dans le détail, on trouve dans la recherche sociologique récente des contrefactuelles implicites. Le raisonnement comparatiste suivi d'une généralisation en génère facilement — et c'est la base de l'approche sociologique, l'expérimentation étant pour l'essentiel impossible. Par exemple, l'un de mes professeurs avait effectué une comparaison de la façon dont les étudiants en médecine et en sociologie travaillent pour leurs études. En gros, il en a conclut que les étudiants en médecine, étant soumis à un rythme très soutenu, mettent rapidement en place des stratégies de travail menant plus facilement au succès dans les études que les étudiants en sociologie qui tendent à être plus désorganisés et moins engagés. Donc, lors de son arrivée dans mon université, il a mis en place dans le TD où j'étais une demande très forte de travail — on voit implicitement le raisonnement contrefactuel que si les étudiants en socio étaient soumis aux mêmes exigences que ceux en médecine, on aurait une meilleure réussite. Ça n'a pas marché du tout dans la mesure où la qualité du travail fournit par tout le groupe était en chute libre et entraînait une forte insatisfaction. Le raisonnement contrefactuel a été réfuté, mais pour ce professeur pendant un temps il était valide. En général, comme on le voit dans mon exemple, le raisonnement contrefactuel est important pour non seulement la connaissance mais aussi pour l'intervention, sans quoi comme le disait Durkheim, la sociologie ne vaudrait pas une heure de peine. Et c'est d'ailleurs peut-être un facteur du succès de l'économie orthodoxe, très orientée modèles, pour convaincre les politiques.

Pour en savoir plus, j'ai trouvé ces deux articles qui sont amusants car ils offrent une tranche du débat sur l'explication en sciences sociales à leur époque :

- https://www.persee.fr/doc/homso_0018-4306_198...
- https://journals.openedition.org/sociologies/132

L'article de Mauss et Fauconnet en >>10 évoque aussi le problème.

30 .

Et toi Ânon, es-tu team déterminisme génétique ou déterminisme affectif ?

31 .

>>30
Il y a deux types d'imbéciles : ceux qui n'ont pas lu Bourdieu et ceux qui n'ont lu que lui.

32 .

>>31
sa fait vraiment réfléchire.

33 .

Le SMBC du jour est particulièrement à propos.
http://smbc-comics.com/comic/social-science

34 .

Je laisse ça ici
https://doi.org/10.1016/j.jrp.2020.103957
Spinoza CONFIRMÉ comme nazi

35 .

>>34
spINoZA
..IN.ZA
NAZI
cqfd.

36 .

>>35
https://twitter.com/ManzoniGabriela/status/12...

37 .

>>34
fatalistic and genetic determinism beliefs. Confirmé pour pas avoir lu l'éthique.

38 .

>>36
grosse pute réac Ouais non même ironiquement ça passe pas.
Styles : Acrimonie Nuit