/a/ – Arbitraire

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/a/ - Quel est ton avis sur le porno Anon ? Quel est ton...
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74621 74621
Quel est ton avis sur le porno Anon ? Quel est ton rapport au porno Anon ? Consommateur, dépendant, farouche opposant...
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>> 74627
J'ai stoppé et je me sens beaucoup mieux, ma vie se déroule bien. J'ignore si c'est la cause ou l'effet.
>> 74628
Consommateur mais opposé au modèle économique, tristement semblable à celui de notre société capitaliste.
Ce sont majoritairement les mecs qui possèdent les boîtes de prod et qui enchaînent les jeunes vict- femmes sans aucune considération pour elles.
L'industrie américaine n'est même pas la pire pour ça, au moins là-bas certaines meufs gagnent vraiment du fric même si elles sont maltraitées. Les Français J&M se placent dans un sacré niveau de sordide en externalisant toutes leurs productions. Les meufs touchent de 200 à 400€ par scène sans aucun espoir de carrière après évidemment, avec des arnaques de la part des producteurs du style tu venais pour une scène classique et tu te retrouves à faire une DP.
J'ai même vu un porn J&M où une actrice se tordait de douleur alors que le plateau était mort de rire à côté.
Et les meufs qui veulent faire retirer le film du site doivent payer, encore du bon foutage de gueule.

Maintenant je pense que c'est malheureusement aussi représentatif des fantasmes d'une grande partie de la population (masculine).
Les mecs kiffent voir des viols réels ou simulés, c'est pas un hasard.
Ça dépasse même juste les fantasmes, c'est pas pour rien qu'on parle de culture du viol.
>> 74629
Ancienne TDS. Je pense que les gens ont le droit d'en consommer mais vraiment faute de mieux.

L'industrie du porno a eu une histoire et un impact interessant sur notre societe (en terme de comportement et de technologies) mais en terme de divertissement, je trouve ca bas de gamme et cheap. Aucun effort. Mais ca plait, j'ai essaye deux ou trois innovations dans ma courte carriere mais c'est pas ce qui interesse l'amateur moyen.

Je rejoins >>74628, les actrices comme les acteurs se font exploiter pour les 99.99% qui ne sont pas des stars. Mieux vaut etre escort, si c'est pour le fric, parce que c'est la motivation principale.
>> 74634
Profil similaire à >>74628
Je consomme peu de mainstream, et certainement pas du crado comme J&M ou woodman. J'ai vraiment du mal à croire que les gens qui trouvent ces vidéos excitantes n'aient pas de sérieux problèmes psychologiques, vue la souffrance manifeste des actrices. Je suis d'ailleurs preneur d'études sur les consommateur-ice-s de pornographie.

A côté j'aime bien la domination, quand il est évident qu'il y a consentement. Ce qui est d'ailleurs assez rare à trouver (soit c'est de la torture ou des gros débiles qui contraignent physiquement, soit c'est trop mal joué).

Globalement, je préfère l'amateur qui n'essaye pas de singer le mainstream (avec des gorges profondes et des faciales où la femme reste en poker face, avec des titres poétiques du genre "bitch loves her daddy's big dick" qui font vraiment penser à des viols conjugaux face caméra). Je suis gros consommateur de vidéos joi ou de couples amoureux (amateurs ou pro qui jouent correctement, les productions joymii par exemple).

Le porno j'en consommais plusieurs fois par semaine quand je vivais seul (à des rythmes très irréguliers, des fois trois fois par jour et plus rien pendant dix jours, et des fois tous les trois jours). Depuis que je vis avec ma chérie c'est très rare, des fois quand elle s'absente. Une fois toutes les deux semaines je dirais (là aussi, sans grande régularité). Nos rapports sexuels n'ont pas vraiment changé de fréquence depuis qu'on vit ensemble (des fois qu'on me pose la question).

Ma copine et moi n'avons jamais été obsédés par la fellation et la pénétration, il y a sans doute un lien entre ça et mon désintérêt relatif pour ce que le porno produit en masse.

Qu'est-ce que c'est TDS ? Urbandictionnary me dit que c'est un trouble mental lié à Donald Trump...
>> 74635
>>74634
> Qu'est-ce que c'est TDS ?
J'aurais dit travailleuse du sexe ?
>> 74636
>>74635
ou Trieuse De Serpent, au choix.
>> 74638
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74638
J'aime pas regarder des gens baiser si c'est pas avec moi, j'aime pas les gens qui en payent d'autres pour les baiser. Et non, j'ai jamais coumé sur des dessins ou de la 3d.
Je suis littéralement un gros branleur, je bande pour un rien et j'ai besoin de me purger deux fois par jour.
Par contre, depuis que j'ai découvert les "camgirl/trans", j'y retourne souvent. J'aime bien l'idée, elles passent leurs musiques, discutent un peu. Les chats sont pas souvent intelligents, mais c'est bonne ambiance (je crois, j'espère). Et non (non plus), j'aime pas les réseaux sociaux payants, je suis pas un cocu.
J'ai pas trop de fantasme, je cherche pas trop de trucs spécifiques. J'aimais bien les délires un peu émo/punk, mais c'est pas commun sur ce genre de site (je vais que sur chaturbate pêh).
Suis déjà allé dans des bars à "strip-tease", complétement pété, mais j'esquivais le moment du passage à l'acte. L'alcool, la drogue et la testostérone n'effacent pas le manque de confiance dans ces attrapes-couillons. Souvenir d'une rabatteuse à qui j'ai proposé de me regarder danser, cette pute a refusé, mais j'ai fait rire mes potes beaufs, c'est le principale. J'ai rien contre ces femmes, elles sont pas flics au moins.
>> 74649
>>74638
>Je suis littéralement un gros branleur
Yep, ce sera mon épitaphe.
>> 74707
C'est une drogue qui peut (souvent) devenir une addiction.

On pourrait dire la même chose pour les services streaming illimités de musique/vidéo, mais les dommages sont moins évidents.
>> 74709
>>74707
C'est un peu l'impression que j'en avais quand je vivais seul. Tout comme c'est l'impression que me laissait mon usage d'Internet en général quand j'étais ado, avant que je ne voyages.

Une addiction qui disparait dès que je n'y ai plus accès, j'appelle pas ça une addiction. Plutôt un loisir invasif.
>> 74714
https://www.mediapart.fr/journal/france/23112...
Boum
>> 74715
>>74714
Ca m'étonne pas. Bien fait pour leur gueule, j'espère que les victimes seront identifiées et compensées. Pour Dorcel sera sans doute plus compliqué, je crois que la plupart de leurs actrices résident en Europe centrale.
>> 74716
>>74714
T'as moyen de copier l'article ? Il est réservé aux abonnés.
>> 74717
>>74716
Il s’est choisi un pseudonyme féminin passe-partout. Sa photo de profil est tout aussi sobre. Une jeune femme brune aux traits fins et légèrement maquillée, vêtue d’un manteau noir, dans l’habitacle d’une voiture. Le cliché est sans artifices, presque intime. En réalité, ce compte Facebook est utilisé par J. D., 39 ans, marié et père de deux enfants. Durant sa garde à vue, il a reconnu s’en servir pour engager la conversation avec des jeunes femmes. Son but : les convaincre de se prostituer, puis de tourner des films porno avec le producteur Pascal O., connu sous le surnom de « Pascal OP ».

Depuis samedi 17 octobre, les deux hommes sont en détention provisoire, accusés notamment de « viols », « proxénétisme aggravé » et « traite d’êtres humains aggravée ». Deux autres personnes, le producteur porno Mathieu L., dit « Mat Hadix », ainsi que N. T. T., un assistant de Pascal O., ont également été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire, pour les mêmes chefs d’accusation. Tous bénéficient de la présomption d’innocence et, pour la plupart, nient les faits qui leur sont reprochés.

Dans ses réquisitions, consultées par Mediapart, le parquet de Paris décrit les méthodes de ce qu’il présente comme un petit groupe informel, impliqué à divers degrés dans la production de films porno, et gravitant autour de Pascal OP. Les accusations sont graves : viols répétés ; actrices alcoolisées ou droguées, parfois à leur insu ; mensonges et intimidations pour les inciter à tourner ; présentation de faux tests VIH ; racket quand elles souhaitent faire retirer les vidéos… Elles reposent sur les plaintes de cinq femmes, déposées entre 2016 et 2020, dont quatre impliquent directement les producteurs.

À chaque fois, le même profil de plaignantes. Des femmes, nées dans les années 1990, avec des parcours de vie abîmés ou une vulnérabilité à un moment de leur existence. Et toujours le même système pour les inciter à faire du porno, comme J. D. l’a reconnu dans son interrogatoire de première comparution, en marge de sa garde à vue du 13 octobre 2020.

Derrière son écran d’ordinateur, caché sous son pseudonyme, il raconte prendre contact avec elles sur les réseaux sociaux, en les complimentant sur leurs photos de profil. La prétendue jeune femme s’épanche sur de supposés problèmes familiaux ou financiers afin de gagner leur confiance. La relation d’amitié dure plusieurs mois, jusqu’à ce que l’appât virtuel confesse se prostituer occasionnellement et propose de les mettre, elles aussi, en relation avec des clients. Ses interlocutrices déclinent toutes, puis cèdent devant son insistance et les sommes proposées, entre 1 500 et 3 000 euros pour une soirée.

Lorsqu’elles se présentent au lieu de rendez-vous, un hôtel de l’est de la France, payé par leurs soins, J. D. les retrouve, avec un autre pseudonyme, et se présente comme leur client. À l’une d’elles, il aurait imposé un rapport « marqué par la violence », ayant laissé la plaignante prostrée dans la chambre, selon les réquisitions du parquet. À son départ, il indique à ses proies qu’un coursier va arriver dans quelques minutes pour leur remettre une enveloppe avec la somme convenue. Un mensonge, qu’il a reconnu.

Le stratagème est, d’après sa déposition, la première étape d’une manipulation au long cours qui vise à rabattre ces femmes vers des producteurs porno. Quand les victimes recontactent l’avatar Facebook pour lui faire part de leur détresse et de leurs difficultés financières, celui-ci leur promet d’arranger les choses. Il propose de leur présenter « son ami Pascal », un réalisateur de film X à la recherche de nouvelles actrices, pour des vidéos exclusivement diffusées au Canada. Les cachets sont alléchants.

Dans son interrogatoire devant les gendarmes, J. D. indique avoir recruté une cinquantaine de jeunes femmes pour Pascal OP, ainsi que pour le producteur Mat Hadix. « Sans lui, ces femmes ne seraient pas entrées dans le monde de la pornographie », écrivent les enquêteurs, rapportant ses déclarations. A-t-il été rémunéré pour ce service ? Le rabatteur assure que non, ni même avoir rencontré les deux producteurs en personne. En contrepartie, cet éducateur spécialisé auprès de handicapés mentaux aurait bénéficié de vidéos sur mesure, produites par les deux hommes, ainsi qu’un abonnement gratuit au site de Pascal OP. Sollicité par Mediapart, l’avocat de J. D. n’a pas souhaité faire de déclaration.

Des viols, de faux tests HIV et des somnifères

Sur les tournages, un autre cycle d’abus commence, racontent les plaignantes. Au motif que son site internet est géré depuis le Québec, Pascal OP leur aurait assuré, à toutes, que leurs vidéos seraient inaccessibles depuis la France. Selon plusieurs témoignages, il promettait également de les payer entre 1 000 et 2 500 euros. En réalité, les cachets sont dérisoires, ce que certaines plaignantes assurent avoir découvert seulement après avoir tourné leur scène.

L’une d’entre elles s’offusque de ne recevoir que 250 euros, alors que le producteur lui en avait promis 1 000. Elle raconte qu’il l’aurait contrainte à accepter la somme et à parapher un contrat de cession de droit à l’image, en la menaçant de ne plus la payer du tout, et de diffuser sa vidéo en France.

Parfois, Pascal OP est accusé d’utiliser un autre moyen de pression. Il ne remettrait qu’une partie du cachet à ses actrices. Une manœuvre pour les obliger à une nouvelle rencontre, le lendemain, et leur imposer de nouvelles scènes qui conditionnent le versement du total de la somme.

Les descriptions des tournages faites par les plaignantes sont glaçantes. Malgré leur refus exprimé, des pénétrations anales ou des éjaculations faciales sont systématiquement imposées aux jeunes femmes, qui s’effondrent parfois en larmes. Un matin de l’année 2017, à 8 heures, Pascal OP arrive sur le lieu d’un tournage, un appartement Airbnb où il loge également une plaignante. Il est accompagné de plusieurs hommes pour réaliser un gang-bang, une pratique mettant en scène une femme avec au moins trois hommes. La jeune femme aurait été prise au dépourvu.

À chaque fois, les victimes déclarent céder, ne voyant pas d’autre issue. Subir est « la seule manière que cela s’arrête », dit l’une d’elles dans sa déposition aux gendarmes. Certaines « s’éteignent » ou s’obligent à sourire pour qu’on ne leur demande pas de refaire les scènes.

Prise dans un engrenage où l’argent avait pris une place excessive et où son corps n’avait plus d’importance, une plaignante indique aux policiers avoir accepté de tourner un bukkake, malgré ses réticences. Cette pratique extrême désigne l’éjaculation de plusieurs hommes sur le visage d’une femme. La scène a lieu dans un hangar de Seine-Saint-Denis. En guise de lit, un caisson recouvert d’un drap. La plaignante a « envie de fuir ». Les participants cagoulés – une vingtaine – la tirent vers eux alors que son corps se rigidifie. Elle se décrit comme « anesthésiée », s’étant « mise en off pour ne pas craquer ».

Dans son dépôt de plainte, elle raconte avoir découvert après le tournage qu’elle ne sera payée que 450 euros, à la place des 600 euros initialement prévus. Puis le producteur Mat Hadix, présent lors de la scène, lui administre une pilule d’azithromycine, un antibiotique contre les infections sexuellement transmissibles (IST), ce qu’il reconnaît lors de son interrogatoire de première comparution, en marge de sa garde à vue du 13 octobre 2020.

Pour supporter les tournages, les plaignantes s’alcoolisent, parfois jusqu’à se sentir « détachées » de leur corps. Le producteur leur aurait également fourni de la cocaïne. Dans son interrogatoire, N. T. T., un des abonnés de Pascal OP devenu son assistant, reconnaît avoir acquis un générateur de faux tests sérologiques. Ce subterfuge devait permettre à ses acteurs, et au producteur, de tourner sans préservatifs, tout en n’ayant pas à réaliser de dépistages de maladies sexuellement transmissibles (MST).

Le témoignage d’une des plaignantes est particulièrement éprouvant. Maintenue sous pression par le reliquat d’argent qu’il lui doit et le contrat qu’il lui a fait signer lors d’un précédent tournage, elle raconte que Pascal OP lui aurait imposé plusieurs nouvelles scènes. Lors de l’une d’entre elles, courant juin 2020, il lui aurait appris, une fois sur place, qu’une soixantaine d’hommes l’attendaient pour un bukkake. Face à son refus, elle raconte que le producteur lui aurait crié dessus, puis proposé un verre de jus de fruit, l’invitant à se détendre.

Une analyse capillaire effectuée par les gendarmes révélera la présence de Zolpidem dans son organisme, un puissant somnifère détourné à des fins de soumission chimique, sans que la date d’ingestion ne soit néanmoins précisément déterminée. Pendant un précédent tournage où il lui avait également fait boire une boisson, elle s’était sentie dans « un état second » et Pascal OP aurait essayé d’en profiter pour lui demander d’avoir un rapport sexuel avec son chien, avant de réaliser une scène avec le producteur Mat Hadix.

Lors du bukkake de juin 2020, la tête de la jeune femme est maintenue fermement par une autre actrice, qui lui impose de garder les yeux ouverts. « Pour la soulager, et non pour la bloquer », assure N. T. T., l’assistant de Pascal OP, dans son audition. La jeune femme est en sanglots puis entre en état de sidération, note le parquet dans son réquisitoire. Son beau-frère parviendra à faire retirer la vidéo du site web de Pascal OP, après lui avoir remis la somme de 4 500 euros, comme il l’indique dans sa déposition aux gendarmes de la section recherche.

Dans son interrogatoire en marge de sa garde à vue, Pascal O. accuse les plaignantes de mentir, affirmant que certaines sont des « escorts ». Il assure qu’elles connaissaient à l’avance toutes les conditions de tournage, qu’elles n’étaient ni menacées, ni isolées, ni contraintes, que des dépistages de MST étaient systématiquement réalisés par tous et que les actrices recevaient un bonus pour simuler les pleurs ou le refus d’un acte sexuel.

À chaque question susceptible de lui porter préjudice, « il se retranche derrière son droit au silence », ajoutent les enquêteurs. Sollicité par Mediapart, son avocat n’a pas souhaité faire de déclaration.


Des accusations qui éclaboussent le porno français

Les vidéos de Pascal OP sont principalement commercialisées sur son propre site web, French Bukkake. Ses abonnés peuvent participer aux scènes contre le versement de 29,90 euros par mois. Ce procédé alerte les gendarmes de la section Recherche de Paris, dans le cadre de leur activité de veille du réseau internet, qui ouvrent une enquête en mars 2020 pour des faits de proxénétisme. L’exploitation des centaines de vidéos du site suggère que des pratiques sexuelles sont régulièrement imposées aux femmes qui y participent.

Ces constatations amènent les enquêteurs à verser à la procédure les cinq plaintes des plaignantes, déposées entre 2016 et 2020 indépendamment de cette nouvelle enquête. Trois d’entre elles avaient été initialement classées sans suite, comme à Bobigny en 2017, le parquet invoquant un « litige commercial » entre la plaignante et le producteur.

Bien qu’il en tire des revenus confortables – 240 000 euros de bénéfice depuis 2015, d’après les gendarmes –, l’audience du site de Pascal OP reste confidentielle, avec 280 000 visiteurs par mois. Le producteur n’en est pas moins inséré dans le circuit du porno français. Jusqu’à peu, il bénéficiait de sa propre fiche sur le site Dorcelvision, la plateforme de VOD de Dorcel, le leader français du secteur.

Dans un entretien réalisé en juillet 2018 (voir notre Boîte noire), un responsable du groupe reconnaissait d’ailleurs être en discussion avec lui pour distribuer ses productions. « Pour le moment, il n’est pas revenu vers nous mais s’il m’envoie un projet et que tout est aux normes, moi, je n’ai aucun problème à lui dire OK. »

Des propos qui font écho à ceux du directeur général du groupe, Grégory Dorcel, à qui l’on demandait au printemps 2018 s’il s’intéressait aux conditions de tournage des films qu’il distribue : « Absolument pas, répondait-il. Nous ce qu'on réclame et qui est imposé contractuellement, c'est qu'on nous délivre un contenu légal et que cela corresponde à notre ligne éditoriale (…) Je ne peux pas m'occuper de savoir comment ça a été fait. »

Pascal OP a également collaboré avec le site Jacquie & Michel (J&M), l’autre locomotive du secteur. Il bénéficie même de son propre personnage récurrent, « l’abominable David Grumeau », camouflé sous une perruque années 1980 et ses lunettes de soleil aux verres polarisés. En toute discrétion, il leur a produit également des dizaines de vidéos, comme l’attestent ses échanges par écrit avec Michel Piron, le fondateur de J&M, que Mediapart a pu consulter.

Son fils Thibault Piron, directeur général de J&M, minimisait maladroitement cette collaboration lors d’un entretien réalisé en mai 2018. « Ça fait plus d’un an que Pascal OP n’est pas apparu dans nos vidéos, admettait-il. Par contre, ce qui est vrai, c’est que s’il trouve une nana, il peut faire le tournage mais ce n’est pas lui qui dirige, ni ne joue l’acteur. On n’en veut pas pour notre image. Nous aussi, on évolue. Ça n’a aucun sens, après tout ce qui s’est passé récemment. » Une allusion à #MeToo et #BalanceTonPorc.

Le profil du quatrième mis en examen, Mathieu L., dit « Mat Hadix », éclabousse aussi les deux leaders du secteur. Depuis 2013, il est l’un des principaux producteurs pour Jacquie & Michel, ses vidéos se comptant par centaines. Au point qu’en 2015, le groupe lui confie l’organisation de ses lucratives soirées en discothèque, puis le présente en 2017 comme « l’incontournable ambassadeur de la marque » dans un article de Jacquie & Michel Le Mag.

En mai 2018, Thibault Piron, en disait plus sur son rôle. « On a toujours cinq ou six producteurs qui bossent en même temps mais Mat est vraiment le seul régulier qui n’arrête jamais, précisait-il. Les trois quarts du temps, ça se passe comme ça : il dégote une nouvelle nana, il nous envoie les photos en nous demandant combien de scènes on veut. Puis après, on fait une avance et une fois qu’il a filmé, la vidéo arrive chez nous et le monteur s’en occupe. »

Mathieu L. est aussi l’un des principaux prestataires français de Dorcel, chez qui il dispose de ses propres labels. Des productions réalisées pour la marque « Porno chic », sur lesquelles n’apparaît jamais le nom Dorcel, pour des questions d’image. « Mais en théorie, et même en pratique, Dorcel est le producteur à 100 % de ses films », concédait, en juillet 2018, un responsable du groupe.

Les enquêteurs estiment que le producteur mutualisait ses tournages avec Pascal OP, les deux hommes se partageant recrues, décors et caméras, depuis les années 2015-2016. « Mathieu L. était présent sur toutes les scènes qualifiées de casting et gang-bang et, de façon plus occasionnelle, sur les bukkake », indique le réquisitoire, rapportant des propos de Pascal O. Dans leurs témoignages, certaines plaignantes déclarent ainsi ne pas savoir si elles tournaient pour l’un ou pour l’autre, Mat Hadix déléguant parfois la production de ses scènes à Pascal OP, ce dernier le prenant à son tour comme cadreur ou acteur.


Le chef d’accusation de viol à l’encontre de Mat Hadix a été retenu pour une plaignante, contre quatre pour Pascal OP. Les deux producteurs sont également accusés de « diffusion de l’enregistrement d’images relatives à la commission d’une atteinte volontaire à l’intégrité de la personne » et « d’exécution d’un travail dissimulé », en plus des chefs de « proxénétisme aggravé » et « traite d’êtres humains aggravée ». Pascal OP doit également répondre des chefs de « blanchiment d’un délit de proxénétisme » et « blanchiment d’un délit de fraude fiscale ».

« Il n’est pas le seul qui mutualisait des dépenses avec Pascal O. et pour une raison qui m’échappe, lui seul est accusé, s’offusque Me Wilner, l’avocat de Mathieu L. Mon client est une victime collatérale. Il n’a jamais participé de près ou de loin à la production ou à la commercialisation des films de Pascal OP. »

De son côté, Me Mugerin, l’avocat de N. T. T., opticien de profession et assistant informel de Pascal OP, indique que son client « a été extrêmement naïf en se rendant à ces tournages ». « Il n’avait pas pris la mesure de ce qu’il y avait derrière, et s’est rendu compte de la gravité pendant sa garde à vue. »

Depuis septembre 2020, et l’ouverture concomitante d’une autre enquête du parquet de Paris impliquant Jacquie & Michel pour « viols » et « proxénétisme », les labels de Mat Hadix ont disparu de la plateforme VOD de Dorcel. Désormais, ce sont tous les films où il apparaît en tant qu’acteur, ainsi que ceux avec Pascal OP, qui ont été rayés du catalogue.

« Depuis juin 2019, nous avons enquêté et commencé à stopper la distribution de plusieurs producteurs français dont les conditions de travail semblaient troubles, précise Dorcel, dans un communiqué adressé à Mediapart (à lire en intégralité sous l’onglet Prolonger). Ce travail est long et délicat, car tous ces producteurs ont des sociétés établies, sont diffusés historiquement par de nombreux diffuseurs français réputés et n’ont, à notre connaissance, jamais fait l’objet de décision de justice qui auraient pu justifier une rupture de contrat. »

Sollicités par Mediapart, les représentants du groupe Jacquie & Michel ne nous ont pas répondu.
>> 74718
>>74717
Merci Ânon.
Wow le choc, comment peut-on être un fdp pareil ?
J'espère qu'ils vont bouffer de la taule
>> 74745
>>74718
Je crois qu'une partie de l'explication tient au statut tabou de la sexualité dans nos sociétés. Ecrire un article journalistique sur ce sujet, s'y intéresser ou militer dans ce domaine sonne vaguement honteux pour la plupart des gens. Dans n'importe quel autre domaine, de telles pratiques seraient marginales et violemment dénoncées ; dans le porno, elles sont monnaie courante. Peu de gens osent réclamer publiquement du "porno éthique"... cela impliquerait de reconnaitre qu'on en consomme... et vraisemblablement accepter de payer pour.
Car c'est le deuxième aspect du problème : la généralisation des contenus gratuit sur internet, qui mine les revenus des acteurs et actrices "ordinaires".

Quelques exemples parmi de nombreux autres scandales : https://www.vice.com/fr/article/vbwv49/commen...
https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/0...
>> 74749
Ça m'est tellement contre-intuitif de devoir "tolérer/légaliser" une chose pour pouvoir la rendre inoffensive ou qu'au moins ses usagers/créateurs soient respectés.
Cervelet.jpg
>> 74750
Le seul que je consommais encore, c'était du porno japonais où les filles avaient fait minimum l'air d'apprécier. J'ai arrêté il y a un ou deux ans.
Je ne sais pas comment qui que ce soit peut bander devant des atrocités façon J&M. Au moins, c'est une bonne façon de déceler les dérangés dans son entourage et de s'en éloigner aussitôt.
>> 74755
>>74749
respectes et proteges. Pourquoi contre inuitif, anon?


 
Raison